Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

mardi 21 novembre 2017

Charles et Davout

Le 17 avril 1809, l'aile droite de l'armée autrichienne commandée par l'archiduc Charles est arrivée à Landshut. Elle pourra alors poursuivre pour accabler le corps du maréchal Davout, isolé du reste de l'armée d'Allemagne. 

Le maréchal a reçu des ordres de Berthier lui demandant de faire route à l'Ouest pour se joindre aux forces de l'Empereur en suivant la route au Sud du Danube, ce qui le mène logiquement au cœur du dispositif autrichien. Laissant sa division de conscrits en couverture de Ratisbonne, Davout met son corps en mouvement, divisions Morand et Friant en tête en direction du village de Saal, proche d'un carrefour stratégique. Le 10ème Léger est envoyé à Hausen, avec une brigade de Montbrun et une brigade des cuirassiers de Saint-Sulpice. La division Saint-Hilaire doit suivre Morand et Friant alors que Gudin doit lui aussi se diriger vers Hausen avec le reste de la cavalerie.

Dans le même temps, l'archiduc Charles prépare sa manœuvre. Les IV.Armeekorps de Rosenberg et IR.Armeekorps de Liechtenstein doivent faire route vers le Nord, direction Saal. Alors que Rosenberg doit s'emparer du carrefour proche du village, Liechtenstein, qu'accompagne l'archiduc, doit obliquer ensuite vers Hausen et Teugen. Le III.Armeekorps de Hohenzollern est envoyé plus à droite pour attaquer directement vers Regensburg. 

Le 18 avril, les armées se mettent en mouvement. Au soir, la présence française est avérée à proximité de Saal et de Teugen. Les ordres sont confirmés pour le lendemain. Ainsi, le 19, les troupes de l'archiduc parties à 05h00 rencontrent l'avant-garde de Morand près du village de Saal.

Morand et Friant se mettent rapidement en ordre de bataille, tout comme Rosenberg. Les Français sont en supériorité numérique dans ce secteur, alignant 24 bataillons face aux 19 bataillons autrichiens supportés par quelques escadrons de cavalerie légère. Néanmoins, les combats sont très durs, les troupes françaises manquent de place pour se déployer et exploitent mal leur supériorité numérique.


Face à eux, les troupes autrichiennes ne parviennent pas à mettre en place correctement leur artillerie qui sera totalement inutile. Le combat dans ce secteur débute à 06h00 et dure jusqu'à 10h00. Le corps de Rosenberg est submergé et vaincu, non sans une âpre résistance. Morand et Friant déplorent des pertes très lourdes.


Plus au Sud, l'action a débuté plus tard, le temps que les troupes de Liechtenstein puissent aborder le village de Hausen et aussitôt se mettre en position de combat. Le village est attaqué une première fois par deux bataillons de grenadiers, aisément refoulés par les hommes du 7ème Léger.


Une seconde attaque comprenant quatre bataillons de grenadiers permet d'emporter le village alors que plusieurs escadrons de cuirassiers se portent sur la droite pour chasser les chasseurs et les cuirassiers français. Enfin, l'artillerie de Lichtenstein, quatre bataillons de grenadiers et quelques escadrons de dragons et de cuirassiers marchent au Nord pour couvrir le flanc du corps face à Friant, Morand et Saint-Hilaire qui a débuté une marche pour se positionner entre Saal et Hausen.




A 10h00, enfin, le III.Armeekorps de Hohenzollern fait son apparition, avançant à marche forcée vers Teugen.


Dans une situation précaire, le maréchal Davout profite du repli de Rosenberg pour faire passer le gros de ses troupes au-delà du carrefour, vers l'Ouest. Teugen et Hausen tomberont sans coup férir aux mains des Autrichiens, avec de lourdes pertes dans la cavalerie. Morand et Friant subiront encore des pertes de l'avant-garde du IR.Armeekorps pendant que les soldats de ces deux divisions tenteront de gagner du temps pour que Saint-Hilaire et Gudin puissent quitter le champ de bataille. 

 
A la fin de cette première journée, les Français déplorent un peu plus de 3.000 pertes, les Autrichiens un peu plus de 4.500. L'absence de poursuite ne permet pas de transformer ce succès en victoire éclatante.



Épilogue.

Le 20 avril débute la manœuvre d'Abensberg. A la tête d'un corps provisoire comprenant les divisions Gudin et Saint-Hilaire ainsi que la moitié de la cavalerie issue du corps du maréchal Davout, le maréchal Lannes parvient à séparer l'armée autrichienne en deux, écrasant le V.Armeekorps dispersé. Mais le même jour, les corps de Hohenzollern et Lichtenstein menés par Charles écrase ce qu'il reste des divisions Morand et Friant. La bataille d'Eckmülh n'aura finalement pas lieux... et Davout ne sera jamais prince.

3 commentaires:

  1. Très sympa ce compte-rendu.
    Où l'on voit qu'il est urgent de construire des routes à l'échelle, car je ne crois pas que les autoroutes aient déjà été inventées à l'époque.

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  2. Oui, il nous faut plus de décors à l'échelle effectivement. Des collines aussi, des petits cours d'eau, etc.
    Pour info, le champ de bataille faisait la bagatelle de 12*18km. Nous avons joué une partie opérationnelle sur une carte à part juste avant, en aveugle. Puis nous sommes passés sur la table de jeu lorsque les troupes étaient proches...Ce sont donc les manœuvres initiales des joueurs qui ont amenées à cette situation.

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  3. Je confirme:" Quelle grande échelle que le 6mm!" Comment imaginer une fresque militaire napoléonienne à une autre échelle. L'esprit de l'époque est bien rendu dans les deux batailles avec les deux règles. Le plus ici est effectivement le préambule opérationnel sur carte en quasi aveugle quand les deux généraux n'ont que des bribes d'information et doivent tout de même anticiper leur approche de la bataille.

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