Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

jeudi 28 septembre 2017

14 mai 1781 - Escarmouche autour de Belle-Isle



La règle du "Pavillon du Roy" arrive à maturité. Cette version trois qui est testée depuis quelques scénarios satisfait à de nombreux objectifs.



Au début d'octobre 2016, au club JHP de Brest, nous avons joué, avec un éminent collègue parisien, une escarmouche se déroulant autour de Belle-Île en démonstration de la règle.

Le 28 mai 1781, le HMS Nonsuch (64 canons, Capt Sir James Wallace), détaché en éclairage de la flotte de l'amiral Darby (Vice-Admiral of the White) croise au large de Belle-île et tombe sur deux malheureux marchands français qui tentent de lui échapper : la Marie-Rose qui remontait de Bordeaux vers Brest avec ses cales remplies de vin et le Tigre venant de Brest pour apporter à La Rochelle un stock de charbon nécessaire aux chantiers navals, deux gabares côtières dont la journée commençait mal.

Le HMS Nonsuch ne leur donne pas la chasse immédiatement, mais préfère aller chercher le vent pour pouvoir faire d'une pierre deux coups.

Ce dernier ne sait pas, alors, que le vaisseau l'Actif (74 canons) fait relâche au Palais (mouillage abrité de Belle-Île).
Les premiers coups de canons du HMS Nonsuch donnent l'alerte aux vigies qui dépêchent des estafettes vers le palais où l'équipage de l'Actif rembarque à la hâte.

Au nord de l'île, le chasseur s'est rapproché de ses proies, et le Tigre essuie les premiers tirs à distance du vaisseau de la perfide Albion.

Néanmoins, les deux gabares font voiles vers l'île afin de venir trouver la protection des forts qu'elles savent armés.


Mais que peuvent des gabares face à un vaisseau de ligne, même de troisième rang.

Le Tigre finit par amener rapidement ses couleurs tandis que la Marie-Rose tente courageusement de rejoindre l'abri des forts. Dans sa fuite, elle aperçoit les voiles de l'Actif et commence à espérer son salut.

Acharné dans sa poursuite, le HMS Nonsuch s'engage entre l’île et la presqu’île de Quiberon en faisant feu de toutes ses batteries sur le Tigre à bâbord, sur la Marie-Rose avec ses pièces montées en chasse.

C'est alors qu'il réalise qu'il s'était mis dans une situation difficile, lorsque la batterie de Taillefer a commencé à donner de la voix.

Au loin, toujours au mouillage, l'Actif ouvre le feu et canonne son ennemi de loin, ne lui occasionnant que peu de dégâts.
Encouragé par ses succès et le manque de réussite des Français, le Nonsuch continue sa poursuite de la Marie-Rose.




Ayant terminé ses opérations d'appareillage, l'Actif engage finalement le combat et essaye de barrer la route de l'Anglais pour protéger la Marie-Rose.


Bien qu'ayant jusque là manqué de succès, ses coups répétés sur l'Anglais finissent par payer, et la distance diminuant les coups deviennent plus meurtriers des deux côtés.

Le combat est toujours relativement équilibré, le Nonsuch ayant pris soin de rester à bonne distance des batteries côtières de la Ramonette et du Gros Rocher défendant le mouillage du Palais.
Pour finir, l'Actif réussit une manœuvre audacieuse et arrive à se placer entre la Marie-Rose et le Nonsuch, se mettant en position de pouvoir le tirer en enfilade à très courte distance. 
Cette bordée sera la dernière que supportera le HMS Nonsuch avant de se rendre.


Ainsi pris fin l'engagement dans notre simulation.

Historiquement, cet engagement fut un simple duel qui eut lieu au large dans le golfe de Gascogne. Les gabares, les côtes et les batteries côtières ont été ajoutées au scénario à des fins de démonstration.

Le résultat historique de cet engagement fut nettement plus mitigé. Après des heures de canonnades, et une tentative d'abordage, les deux vaisseaux, endommagés, se séparèrent, le Nonsuch laissant à l'Actif l'opportunité de rejoindre Brest avant l'arrivée de l'amiral Darby. Ce combat est un exemple de plus de la meilleure construction des vaisseaux de 74 français dont la coque était, entre autres choses,  mieux doublée.

mercredi 27 septembre 2017

Les Héros du cirque

Le "jeu d'histoire" ne se limite pas à ces tables où de "vieilles moustaches" se réunissent pour disputer de grandes batailles académiques avec des soldats de plomb d'un autre âge. Certains sujets offrent une approche différente par le contexte, l'échelle, et le type de jeu. Il en est ainsi des jeux du cirque.



A notre échelle, nous découvrons un jeu d'escarmouche : une figurine représente un combattant "réel", caractérisé par l'équipement qu'il porte. S'il existe de nombreuses règles disponibles, nous avons choisi la première version de Red Sand & Blue Sky, de 2HourWargames. L'originalité de cette version est la richesse des actions qu'elle permet. La difficulté pour le joueur est de gérer la fatigue de ses combattants.

Chacun gère ainsi un groupe de gladiateurs devant rencontrer dans l'arène leurs adversaires. Il est possible de jouer en mode "campagne", et faire évoluer ses personnages et son ludus, gagnant en expérience et en prestige au fil des combats.

Les paires classiques : mirmillons contre retiaires
 Chacun combat avec son style propre
Le lourd mirmillon contre le dimachère, plus léger, et bien plus agile
Les combats avançant, de nouvelles paires se forment
Les derniers combats, les combattants épuisés sont acculés
Et à la fin du tournoi, le vainqueur salue la foule

dimanche 17 septembre 2017

Le Buffalo sur le grill




Quelque part dans le golfe de Finlande, en juin 1943. Les forces finlandaises ont repris possession des îlots de la Baltique et surveillent les mouvements ennemis au large de Leningrad. La "Guerre de Continuation" est encore loin d'en finir.

Un hydravion ravitailleur au mouillage vient d’être repéré par une vedette rapide soviétique. L'alerte est donnée.




La chasse finlandaise dépêche aussitôt 4 Brewster Buffalo du LeLv 24 pour détruire le patrouilleur inopportun. A haute altitude, une patrouille de Lavochkin 5 a, elle-aussi, repéré les chasseurs finlandais. Les six La-5 plongent en piqué sur les Buffalo qui n’ont encore rien vu.

Rapidement, les 4 chasseurs finlandais détectent le danger et virent à la rencontre des pilotes russes
La première passe frontale est fatale à un des chasseurs russes dont le moteur prend feu
Une mêlée confuse s’en suit au cours de laquelle les pilotes russes manquent d’entrer plusieurs fois en collision
Les Buffalo bien que moins bien armés sont plus agiles et se retrouvent en position de tir rapidement
Un deuxième chasseur russe explose en plein vol à la suite d’un tir bien ajusté

Malheureusement pour le pilote finlandais, son appareil trop proche de sa cible est  criblé d’éclats. Son moteur perd rapidement de la puissance et il doit s’écarter du combat.

Poursuivi par un La-5, le Finlandais sert en fait d’appât, et un nouveau Russe s’écrase
Les passes s'enchainent
L’interception russe est un nouvel échec
Et alors qu’un autre appareil soviétique s’écrase en mer...
… les chasseurs finlandais tentent même un mitraillage de la vedette soviétique

Cette dernière finit par faire demi-tour, sa mission ayant avorté. L'hydravion a réussi à décoller et s'échappe vers la côte finlandaise, escorté par un des Buffalo.



Au bilan, le poste d'observation finlandais n’a pas été détecté. Cinq Lavochkin se sont écrasés dans les eaux glacées de la Baltique et un seul des avions finlandais est endommagé.


Du côté russe, il semble que l’abus de vodka de contrebande ait conduit à de regrettables erreurs de pilotage. Une sérieuse reprise en main par les commissaires politiques s’annonce !

dimanche 3 septembre 2017

Philomélion


Le vieil empereur avait plus de soixante ans et était malade. Pourtant,  Alexis 1er Comnène avait encore une fois pris la tête de son armée et marchait contre un adversaire insaisissable : les cavaliers de Malik-Shah, le sultan seldjoukide d'Iconium.

Les Turcs, plus mobiles, refusaient la bataille rangée. A défaut de bataille décisive, les Byzantins ne connurent que de brèves escarmouches sans lendemain. Lassé, Alexis décide de rentrer à Byzance, ramenant avec lui de nombreux réfugiés qu'il souhaitait soustraire des razzias turques.

Nous sommes en automne 1116. L'armée byzantine quitte Philomélion, à une centaine de kilomètres au Nord-Ouest d'Iconium. C'est alors que surgissent les cavaliers turcs...

Les Seldjoukides arrivent par trois côtés. Leur objectif est de capturer le convoi ou de défaire l'empereur. Les Byzantins disposent également de trois corps. Le premier, celui d'Alexis, ouvre la route au convoi. Les deux autres corps protègent les côtés. Le convoi doit passer.

 Les Turcs se jettent sur leur proie
Ce sont essentiellement des archers montés, gardant l'ennemi à distance... 
...et esquivant pour éviter tout contact
Rapidement, les Turcs repoussent la cavalerie légère ennemie...
...et isolent la cavalerie lourde pour la détruire
 Les Turcs se mettent en travers du convoi malgré les mercenaires francs et varègues
Sur les ailes, la cavalerie byzantine contrecharge...
 ...parvient par repousser les cavaliers adverses...
...mais paie le prix fort face aux flèches seldjoukides
 


Le convoi est stoppé, l'aile gauche byzantine en passe d'être détruite ; seule l'autre aile semble pouvoir encore résister aux insaisissables archers montés seldjoukides.

 Le convoi est capturé
L'Empereur, poursuivi, parvient à s'échapper de justesse


Sur notre table, les Turcs furent victorieux. Dans les faits, cette rencontre est à peine évoquée et laisse planer le doute.

Alexis 1er Comnène ignorait que c'était sa dernière campagne militaire. Quarante-cinq ans après le désastre de Manzikert, il ne pouvait pas savoir non plus que les pires heures de Byzance allaient venir.