Jeux d'Histoire du Ponant - club de jeux d'Histoire à Brest

samedi 18 mars 2017

Carton au dessus de la Manche

Dieppe, mercredi 19 août 1942.

L’opération Jubilee démarre vers 3h00. Les transports de troupe se dirigent vers la côte française avec plus de 6.000 soldats, essentiellement canadiens. L’objectif est de débarquer sur Dieppe, de détruire le maximum d’installations terrestres et de rembarquer dans la journée.

Pour protéger l’important convoi et les troupes au sol contre la Luftwaffe, qui ne manquera pas de venir mitrailler les plages du débarquement, le Vice-Marshall Leigh-Mallory a mis sur le pied de guerre 48 escadrilles de chasse et plusieurs escadrilles de bombardiers et chasseurs-bombardiers.  La majorité des chasseurs anglais sont des Spitfire Mk Vb, malheureusement dépassés par les Fw190A des Jg2 et Jg26 qui protègent le Nord de la France.

Parmi ces escadrilles se trouve le Squadron 340 (Free French).




Commandé par le Commandant Dupérier, le groupe de chasse « Ile de France »  (l'autre nom du Squadron) regroupe des pilotes et des mécaniciens des FAFL (Forces aériennes françaises libres) et des FNFL (Forces navales françaises libres).

Le groupe de chasse « Ile de France » sera très sollicité ce 19 août. En effet, cette escadrille est sur le pied de guerre dès 5h00 du matin et quatre sorties seront effectuées jusqu’au soir.

A 12h00, les avions français décollent pour la troisième fois et se dirigent vers Dieppe où les choses ne se passent pas très bien pour les troupes débarquées. En effet, les allemands ont réagi très vite et leurs chasseurs et bombardiers mitraillent régulièrement les plages.


A 12h30 environ, à une quinzaine de kilomètres au Nord Est de Dieppe, une escadrille de Dornier 217 escortée par les Fw190 A3 de la Jg2 est repérée. Les deux groupes de 3 appareils du 340 Sq foncent à pleine vitesse sur les Allemands qui avancent au ralenti, n’ayant pas encore repéré les appareils alliés. Les deux groupes vont tenter de prendre en tenaille les bombardiers et leur escorte, leur objectif étant d’empêcher à tout prix les Dornier de venir lâcher leurs bombes sur les navires anglais au large de Dieppe. 


Les Spitfire arrivent brutalement et un des groupes débouche en passe frontale devant les Dornier 217. Les Fw190 de l’escorte accélèrent, mais ne peuvent se mettre en position de tir.


 Les premiers tirs sont mortels. Le leader des Dornier prend feu alors que le tir défensif envoie un des Spitfire dans la Manche. Le pilote sera heureusement récupéré une heure plus tard par un des Walrus de couverture.


L’autre groupe de chasse de l’ « Ile de France » réussit à prendre la seconde Rotte d’escorte de flanc. Là aussi, les canons des Spitfire expédient un des chasseurs d’escorte au tapis. 


Alors que le premier groupe de chasse français dépasse à pleine vitesse les bombardiers, l’autre groupe vient les prendre de flanc. L’incendie est éteint à bord du bombardier, sans dommage pour l’appareil.


Les chasseurs d’escorte sont complètement dépassés par la vitesse d’exécution des pilotes de Dupérier.


La deuxième passe sur les bombardiers est cette fois radicale. Dupérier expédie d’une bonne rafale un des ailiers alors que le lieutenant de vaisseau Béchoff descend le deuxième. 


La danse des Fw190 du Jg2, qui observent de loin leurs bombardiers se faire descendre les uns après les autres.


Dupérier vient prendre le dernier Dornier en chasse et, malgré les tirs des mitrailleurs de l’équipage allemand, le met en feu à son tour.


La victoire française est totale. Les bombardiers ont été descendus en moins d’une minute de combat. L’escadrille « Ile de France » peut rentrer tranquillement sur Hornchuch.


dimanche 12 mars 2017

Philippes, ou le Destin de Rome



Leur pieux forfait commis, Brutus et les autres meurtriers de César s'étaient réfugiés en Orient. Ils espéraient rallier à eux assez de troupes pour restaurer la République.


En Grèce, les Légions de Brutus sont rejointes par celles de Cassius qui revient d'une campagne victorieuse en Syrie. Il amène avec lui de précieux alliés galates, perses, thraces, qui se rajoutent aux cavaliers germains, gaulois et autres espagnols du parricide adoptif.


Entretemps à Rome, les héritiers du Divin Jules avaient formé le second triumvirat. Après avoir nettoyé l'Italie de leurs ennemis, Marc Antoine et Octave projettent leurs armées à la rencontre de celle des Républicains. Plutarque rapporte que quelques jours avant la rencontre, un spectre d'une taille démesurée se présenta à Brutus. Il lui donna rendez-vous en Macédoine, sur la plaine marécageuse de Philippes.


Sur notre table de jeu de 3,60m de long, on reconnait les marais, les contreforts du massif du Pangée tout au fond à droite. La rivière Gangas coupe la carte en deux. Elle est traversée par la Via Egnatia qui mène à Philippes.


Les Républicains sont installés à droite. Le camp de Cassius, au premier plan, est raccordé sur sa droite à celui de Brutus par une palissade, et par d'autres travaux au marais sur sa gauche.

En face du dispositif républicain, les Légions des Triumvirs bloquent la Via Egnatia. Afin de contourner les fortifications ennemies, Antoine a fait aménager une chaussée qui pénètre le marais.

Vue des positions de Cassius

Nous jouons cette bataille sur la règle L'art de la Guerre de Hervé Caille. Afin de rechercher un effet visuel caractéristique du déploiement des Légions, et simuler certains types de manœuvres particulières, nous amendons la notion de groupe telle que définie par la règle. Ainsi, les Légions ne sont plus limitées à seulement 6 plaquettes de front, et les plaquettes peuvent se toucher uniquement par les coins. De plus, pour le prix d'un seul point d'activation pour l'ensemble du groupe, chaque unité peut se repositionner individuellement d'un cran horizontalement ou verticalement.

Mais revenons à la bataille...

Alors que les archers à cheval de Cassius retardent la progression ennemie sur la chaussée...
 ...Brutus ordonne à ses alliées de traverser la rivière sur l'autre aile...
  ...et d'engager les Thraces au services des Triumvirs
Au centre, les Légions se font face
La rivière est franchie, les troupes de Cassius reculent...
...mais Brutus tient bon derrière ses palissades
L'assaut est général
Dans les marais, les troupes républicaines sont repoussées...
Sur l'autre aile, l'avantage tourne au profit des Républicains
Brutus harangue ses troupes, qui résistent vaille-que-vaille
Le troupes grecques, protégeant le camp de Cassius se battent comme des lions...
...mais doivent céder la place à l'ennemi

En fait, c'est toute l'armée de Cassius qui recule...
...alors que Brutus ne cède pas d'un pouce
 Brutus fait donner sa cavalerie galate sur sa droite...
 ...et repousse l'agression ennemie
La confusion est toujours grande auprès du camp de Cassius...
 ...qui parvient à fixer l'ennemi dans le marais, et stoppe sa progression sur tout son front
 Même le camp de Brutus est réinvesti par les Républicains
La bataille semble désormais figée, les Triumvirs ne sont pas passés

Les Républicains ont tenu, et su conserver leurs positions. Ils n'ont pas, sur notre table de jeu, connu les même déconvenues que leurs avatars historiques, et Brutus se demande si le spectre qu'il avait vu n'était pas celui de son illustre ancêtre Lucius Junius Brutus, qui avait établi la République presque cinq siècles auparavant.

Mais les Forces de l'Empire ne sont pas encore défaites. Une seconde bataille serait à envisager, très prochainement...

mardi 21 février 2017

Métaure, le rendez-vous compromis






Hasdrubal, est le fils du général carthaginois  Hamilcar Barca, et donc le frère de Hannibal. Après avoir échappé aux Romains en Espagne, il réunit une puissante armée et part rejoindre son glorieux ainé.


Quand il franchit les Alpes, Hasdrubal disposait selon Appien de 48.000 fantassins, 8.000 cavaliers et 15 éléphants (à comparer aux 26.000 hommes et 21 éléphants que commandait Hannibal à son arrivée en Italie).



La panique régnait à Rome !

Mais la Fortune avait sévit : le messager dépêché par Hasdrubal à son frère fut intercepté par les Romains, qui découvrirent que les armées puniques devaient se retrouver en Ombrie. Une armée consulaire aux ordres de Marcus Livius reçu aussitôt l'ordre d"aller détruire les forces de Hasdrubal, alors que la seconde armée consulaire devait fixer plus au Sud Hannibal. Mais Claudius Nero, à sa tête, ne voyait pas les choses aussi simplement. Il ne laissa devant Hannibal qu'un simple détachement, alors que le gros de ses forces rejoignait l'autre consul, face à Hasdrubal Barca. La rencontre eut lieu sur les rives du Métaure
La mise en place, vue du côté punique : devant la colline sur l'aile gauche, les mercenaires gaulois. Les Espagnols sont sur l'aile droite. En face, les Légions. Les renforts de Nero font face aux Gaulois.

Marius Livius fait face aux carthaginois
  Les légions se mettent en marche...
... et se tournent vers l'aile ibérique
Les éléphants puniques filent vers l'aile droite afin de la renforcer ...
... et affronter la cavalerie romaine
Sur l'autre aile, les Gaulois ont investi la colline, et narguent les forces de Nero
Pendant qu'au centre, les  frondeurs numides affrontent les vélites ...
... les éléphants carthaginois et cavaliers ibériques chargent la cavalerie romaine.
Alors que le combat entre montés se poursuit, les légers espagnols harcèlent la Légion
 Les montés se sont mutuellement annihilés quand débutent les mêlées au centre
  Rapidement les hastati romains sont submergés par les troupes espagnoles ...
... et fléchissent face aux phalanges carthaginoises...
 ...qui, appuyées par la cavalerie, donnent le coup de grâce

Sur notre table, Rome a perdu, encore une fois. La mobilité des Espagnols a su déjouer les manœuvres des Légions, alors que les renforts de Nero sont resté fixés par la menace des Gaulois qui, finalement, sont restés à l'écart.

Hasdrubal pourra donc rejoindre son frère, et rentrer dans la Légende.
Les jours de Rome sont comptés !